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Ski, famille, bas prix
Article publié Vendredi 10 décembre 2010

Pratique / Les petites stations iséroises ne possèdent ni le prestige, ni les gros domaines skiables de leurs grandes soeurs. Un frein pour les bons skieurs, mais un atout certain pour des familles en apprentissage. Le coût, la proximité, l’authenticité sont des arguments de poids lorsque l’on souhaite débuter ou se perfectionner, surtout avec de jeunes enfants. Enquête dans les stations-villages. JT
Comment concilier la pratique du ski de piste en famille avec un budget restreint et des déplacements limités ? Une équation difficile à résoudre si l’on n’y introduit pas la variable « petites stations ». Celles que nous avons sélectionnées n’ont d’autres critères que d’être les plus modestes de l’Isère par leur taille, le nombre de remontées mécaniques et le nombre de pistes. En chartreuse, nous avons trouvé le col de Porte, le Sappey, le col de Marcieu et Saint-Hilaire du Touvet. En Vercors, Saint-Nizier de Moucherotte, le col de Romeyère et le col de l’Arzelier. Et en Oisans et Matheysine : le col d’Ornon et le domaine des Signaraux. Pour ces neuf stations, l’activité ski est rarement viable, mais leur succès populaire, lorsque la neige veut bien être au rendezvous, démontre leurs atouts indéniables.
MINI-SKI, MINI-PRIX
Avec deux salaires modestes et deux enfants en bas âge, la famille Martin (un nom d’emprunt) de Grenoble, a choisi la station du Col de Porte pour apprendre à skier à ses gamins. « La proximité et le prix sont déterminants dans notre choix. Pour nous, bons skieurs, le domaine est un peu petit, mais il convient parfaitement en phase d’apprentissage avec des jeunes enfants. Nous préférons économiser sur les forfaits et les transports. Nous y sommes en 20 minutes, et une journée ici à quatre nous coûte environ 40 euros. C’est presque le prix d’un seul forfait journée dans certaines stations ! ». Certes les domaines et les prestations ne sont pas comparables entre la catégorie coqs et la catégorie lourds. La première se limite généralement à cinq ou six pistes, deux ou trois téléskis, rarement des télésièges, « mais c’est justement cela que nous venons chercher. Il n’en faut pas plus pour débuter. Cela se double d’un sentiment de sécurité. Le domaine est petit, avec des enfants on est plus sereins, on a moins de chance de les perdre. ». A Vif, Thomas et Frédérique et leurs deux enfants (7 et 9 ans) privilégient le col de l’Arzelier, à seulement 30 minutes en voiture. « Nos enfants savent déjà un peu skier, nous on se débrouille mais on est pas des fanas de glisse, un domaine skiable trop grand n’a donc aucun intérêt pour nous. Le col de l’Arzelier répond parfaitement à nos attentes. La station est très proche, c’est un domaine modeste mais où l’on peut déjà se faire plaisir et progresser dans la difficulté. Une station à visage humain avec des animations, et surtout des petits prix ».
MOINS DE NEIGE, MOINS DE PISTES
Le revers de la médaille de ces petites stations toutes situées en moyenne montagne, entre 1000 et 1350 mètres d’altitude, c’est l’enneigement aléatoire et forcément moindre. Autant les deux dernières saisons ont été bonnes, autant l’hiver 2000/2001 a contribué à faire boire la tasse à beaucoup d’entre elles, d’où une diversification de plus en plus importante de leurs activités hivernales les rendant moins dépendantes de l’enneigement. Mais quand l’or blanc est là, il arrive aussi que certaines de ces stations saturent : parkings et remontées mécaniques ne sont parfois pas suffisants pour accueillir un public qui a beaucoup grossi en période de crise économique. En effet, pourquoi aller plus loin pour plus cher quand toutes les conditions pour skier sont réunies à proximité de chez soi, à un prix moindre ? La seule réponse possible se trouve dans la taille des domaines dont un skieur moyen aura vite fait le tour. Ces petites stations trouvent alors là leurs limites, tout en gardant leur raison d’être.


